CFTC MICHELIN

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vendredi 29 août 2014

Protection du travailleur isolé : la révolution technologique

Les dispositifs de PTI, ou Dati (dispositif d’assistance au travailleur isolé) ont connu de nombreux changements en deux ans. Les appareils spécifiquement dédiés à l’alerte se sont mués en une simple fonction, intégrée dans un téléphone mobile de type smartphone.


La protection au travailleur isolé ne ressemble plus à un boîtier noir avec un bouton rouge ! Grâce à des systèmes d’exploitation stables, à l’intégration d’accéléromètres et à la présence de GPS, le smartphone est le nouvel outil indispensable du travailleur isolé. Ces travailleurs sont définis par la Cnam comme « hors de vue ou de portée de voix d’autres personnes et sans possibilité de recours extérieur et que le travail présente un caractère dangereux. » La définition précise que l’isolement même constitue un risque, en provoquant chez certaines personnes « des changements d’attitude ou de comportement qui, face à une tâche particulière, peuvent conduire à des réactions inadaptées avec un déclenchement d'accident possible. »


En réalité, « protection du travailleur isolé » est une mauvaise formulation car aucun des dispositifs évoqués ne « protège » le travailleur isolé. Mieux vaut parler de Dati (Dispositif d'alarme pour travailleur isolé). A ce propos, l’INRS rappelle que « ces dispositifs ne peuvent se substituer aux moyens de prévention qui doivent être mis en œuvre par l’employeur. »


Dati : les obligations de l'employeur

Aucune réglementation spécifique ne concerne le travail isolé. L’employeur doit donc se baser sur les principes généraux de prévention édictés par le Code du Travail et la CnamTS. Le décret du Journal officiel du 20 février 1992 stipule que : « Lorsque l'opération est exécutée de nuit ou dans un lieu isolé à un moment où l'activité de l'entreprise utilisatrice est interrompue, le chef de l'entreprise concernée doit prendre les mesures nécessaires pour qu'aucun salarié ne travaille isolément en un point où il ne pourrait être secouru à bref délai en cas d'accident ». Le travail isolé doit figurer parmi les risques listés dans le Document Unique de Sécurité de l’établissement pour la prévention et la maîtrise des risques professionnels. 

Trois niveaux de prévention s’appliquent au travail isolé : 
- la prévention primaire : c’est l’étude des risques. L’employeur dresse la liste des postes ou des situations où le travailleur est isolé et identifie les dangers qui peuvent survenir, de façon à éliminer ces risques en supprimant ou en diminuant le nombre et la durée des interventions en état d’isolement. 
- la prévention secondaire : quand le risque subsiste, ce sont les dispositions visant à détecter au plus tôt la survenue d’un incident ou d’un accident et intervenir rapidement. 
- la prévention tertiaire : vise à limiter les dommages, en évitant la survenue de complications en organisant et formant les équipes de secours, en reclassant les travailleurs devenus inaptes au travail isolé (cardiopathie, anxiété…).